Interesting study and conclusion:
La réussite des immigrants hautement qualifiés dépend souvent moins de leur profil que de la façon dont ils arrivent. Une nouvelle étude de HEC Montréal montre que ceux qui entrent avec un permis fermé obtiennent en moyenne les meilleurs résultats, que les étudiants étrangers rattrapent leur retard et que le système de sélection ne choisit pas toujours les candidats les plus performants.
L’étude compare les trajectoires de plusieurs groupes d’immigrants économiques arrivés depuis 2015 : titulaires de permis de travail fermé ou ouvert, étudiants étrangers et résidents permanents admis directement de l’étranger.
Premier constat : la façon d’entrer au pays change beaucoup la suite des choses.
Les immigrants arrivés avec un permis de travail fermé gagnent davantage et se situent plus haut dans la distribution des revenus que les autres immigrants hautement qualifiés, y compris certains résidents permanents admis directement.
« Le statut à l’entrée est un fort prédicteur du succès économique », notent les auteurs, Xavier Dufour-Simard, Jean-François Gauthier et Pierre-Carl Michaud.
Ces travailleurs ont un emploi dès leur arrivée. À l’inverse, les titulaires de permis de travail ouverts ou les nouveaux résidents permanents doivent parfois chercher un premier emploi, faire reconnaître leurs diplômes ou acquérir une première expérience.
Les étudiants étrangers constituent un cas à part. Ils commencent avec des revenus plus faibles, mais une fois sur le marché du travail, leur progression est plus rapide que celle des autres groupes.
Un modèle en deux étapes
Depuis une dizaine d’années, de plus en plus d’immigrants passent d’abord par un statut temporaire avant d’obtenir la résidence permanente. Ce modèle en deux étapes est souvent présenté comme une voie d’intégration plus efficace.
L’étude invite à nuancer cette idée.
Dans l’ensemble, les résidents non permanents ne rattrapent pas les travailleurs nés au Canada plus rapidement que les résidents permanents admis directement de l’étranger. Il n’y a pas non plus de preuve d’une intégration économique plus forte pour ce groupe, sauf pour les personnes arrivées initialement comme étudiantes.
Le fait d’avoir déjà vécu ou travaillé ici ne garantit donc pas automatiquement de meilleurs résultats économiques. Tout dépend du type de parcours.
L’étude montre aussi que le système de sélection ne permet pas toujours d’identifier les candidats qui obtiendront les meilleurs résultats une fois installés.
Le système de points utilisé pour sélectionner les immigrants économiques ne repère pas systématiquement ceux qui auront les revenus les plus élevés ou la progression la plus rapide. Ces critères actuels donnent une bonne indication du potentiel, mais ne suffisent pas toujours à prédire le parcours réel sur le marché du travail, analysent les auteurs.
Il serait possible d’ajuster ces critères pour mieux tenir compte des résultats observés, disent-ils.
« Parmi les personnes hautement qualifiées, dans tous les programmes, il y en a qui sont très bonnes, que ce soit les résidents permanents ou les résidents non permanents. C’est que le système actuel ne va pas nécessairement sélectionner les meilleurs dans chacun des programmes », explique Jean-François Gauthier.
« Il faudrait peut-être les écouter »
L’étude, qui est basée sur une enquête menée en 2025 auprès de 2500 immigrants récents, principalement des diplômés universitaires, apporte aussi un éclairage sur ce qui les pousse à rester au pays. Ce n’est pas seulement le niveau de salaire qui compte, mais aussi la progression.
Les personnes dont les revenus augmentent rapidement sont beaucoup plus susceptibles de vouloir s’établir durablement et de demander la résidence permanente.
« On parle beaucoup des immigrants en termes d’effectifs. Mais on n’entend jamais parler de leurs aspirations, souligne Pierre-Carl Michaud. On les a amenés ici, il faudrait peut-être les écouter un peu, puis voir ce qu’ils ont à nous dire. »
Pour les chercheurs, le message principal est de regarder l’ensemble des données pour ajuster les politiques d’immigration. Il ne s’agit pas d’opposer les personnes déjà au pays à celles recrutées à l’étranger, mais de mieux repérer celles qui ont le plus grand potentiel d’intégration.
Source: Réussite des immigrants hautement qualifiés: Une étude souligne l’importance du statut à l’entrée
The success of highly qualified immigrants often depends less on their profile than on how they arrive. A new study by HEC Montréal shows that those who enter with a closed permit get the best results on average, that foreign students catch up and that the selection system does not always choose the best performing candidates.
The study compares the trajectories of several groups of economic immigrants who have arrived since 2015: holders of closed or open work permits, foreign students and permanent residents admitted directly from abroad.
First observation: the way of entering the country changes the rest of things a lot.
Immigrants arriving with a closed work permit earn more and rank higher in income distribution than other highly qualified immigrants, including some permanent residents admitted directly.
“Entry status is a strong predictor of economic success,” note the authors, Xavier Dufour-Simard, Jean-François Gauthier and Pierre-Carl Michaud.
These workers have a job as soon as they arrive. Conversely, open work permit holders or new permanent residents sometimes have to look for a first job, have their diplomas recognized or gain initial experience.
Foreign students are a separate case. They start with lower incomes, but once in the job market, they are growing faster than that of other groups.
A two-step model
In the last decade, more and more immigrants have first gone through a temporary status before obtaining permanent residence. This two-step model is often presented as a more effective integration pathway.
The study invites us to qualify this idea.
Overall, non-permanent residents do not catch up with workers born in Canada faster than permanent residents admitted directly from abroad. There is also no evidence of stronger economic integration for this group, except for people who initially arrived as students.
Having already lived or worked here does not automatically guarantee better economic results. It all depends on the type of course.
The study also shows that the selection system does not always make it possible to identify the candidates who will obtain the best results once installed.
The points system used to select economic immigrants does not always identify those who will have the highest income or the fastest progress. These current criteria give a good indication of the potential, but are not always enough to predict the real journey on the labor market, analyze the authors.
It would be possible to adjust these criteria to better take into account the results observed, they say.
“Among the highly qualified people, in all programs, there are those who are very good, whether permanent residents or non-permanent residents. It is that the current system will not necessarily select the best in each of the programs,” explains Jean-François Gauthier.
“Maybe we should listen to them”
The study, which is based on a survey conducted in 2025 of 2,500 recent immigrants, mainly university graduates, also sheds light on what drives them to stay in the country. It is not only the salary level that counts, but also the progression.
People with rapidly increasing incomes are much more likely to want to settle permanently and apply for permanent residence.
“We talk a lot about immigrants in terms of staffing. But we never hear about their aspirations, says Pierre-Carl Michaud. We brought them here, maybe we should listen to them a little, then see what they have to tell us. ”
For researchers, the main message is to look at all the data to adjust immigration policies. It is not a question of opposing the people already in the country to those recruited abroad, but of better identifying those who have the greatest potential for integration.